Issu d’une famille de laboureurs, Albert Macquin naît à Jaulnes, en Seine-et-Marne, au Château de Villeceaux, propriété acquise par son père. Après des études d’agronomie à l’Institut de Paris-Grignon, il fait le choix décisif de s’installer dans le Saint-Émilionnais, convaincu du potentiel de ce terroir alors en grande difficulté.
En 1884, il acquiert le domaine de « Maisonneuve », une propriété de 22 hectares sévèrement touchée par le phylloxéra. À cette époque, la production est presque anéantie, limitée à quelques tonneaux seulement. Là où beaucoup renoncent, Albert Macquin voit une opportunité de reconstruction et de renouveau.
Convaincu que l’avenir du vignoble passe par la reconstitution des vignes, Albert Macquin se lance dans la production de greffes sur porte-greffes américains. Il recrute, forme, et fonde une véritable école de greffage, au sein de laquelle il met au point une technique simple, efficace et durable : la greffe Macquin.
Dès 1885, il produit plus de 20 000 greffes. Trois ans plus tard, la production atteint près d’un million d’unités, diffusées dans le Médoc, à Cognac, et jusqu’au sud de la France. Son savoir-faire devient une référence nationale.
Grâce aux bénéfices générés par la vente des greffes, Albert Macquin agrandit progressivement le domaine de « Maisonneuve » pour atteindre 46 hectares. Il acquiert également le Château « Pavie Macquin », classé Premier Grand Cru, ainsi que le Château Lasserre.
Il prend en fermage plusieurs propriétés à Lalande-de-Pomerol et à Montagne-Saint-Émilion, et assure même la gestion du prestigieux Château Figeac, avec le projet de l’acquérir ultérieurement.
Son engagement pour la reconstitution des vignobles est salué par la Société nationale d’encouragement à l’agriculture et par la Société d’agriculture de la Gironde, qui lui remettent des distinctions officielles. Albert Macquin devient alors une figure reconnue du renouveau viticole bordelais.
Au-delà de la greffe, Albert Macquin transforme en profondeur les pratiques viticoles de son époque. Il engage des travaux de drainage, d’assainissement des sols, développe la fertilisation, modernise les chais et repense l’organisation du travail.
Dix ans après l’acquisition de « Maisonneuve », il gère près de 70 hectares d’un seul tenant, dont 60 hectares de vignes, issues de terres auparavant en friche. Près de vingt personnes travaillent à temps plein sur la propriété, sans compter les greffeurs saisonniers.
Albert Macquin s’éteint en 1911, laissant derrière lui un héritage durable et visionnaire.
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À la disparition d’Albert Macquin, ses deux filles, Andrée et Marie-Louise, héritent des propriétés. Andrée reprend la gestion de « Maisonneuve », avant de s’installer en 1920 au Château Macquin avec son époux François Corre, issu d’une famille de négociants libournais.
Le partage successoral de 1947 confie « Pavie Macquin » à Marie-Louise, tandis qu’Andrée poursuit l’exploitation de « Maisonneuve », désormais connu sous le nom de Château Macquin. Les années 1930 marquent toutefois une période de crise viticole, entraînant une forte réduction de la surface de vignes sur la propriété.
En 1967, Denis Corre, fils d’Andrée et de François, choisit de se consacrer pleinement à l’exploitation viticole. À cette époque, seules 8 hectares de vignes subsistent. Dès 1968, avec son épouse, il engage un important travail de restauration, de modernisation et de replantation du vignoble, dans la continuité de l’histoire du domaine. Ce renouveau se reflète aujourd’hui dans Nos vignes et se retrouve dans l’expression de chaque cuvée à découvrir sur la page Nos vins.
Aujourd’hui, le Château Macquin s’étend sur 31 hectares et 47 ares, fidèle à l’héritage d’Albert Macquin et inscrit dans une viticulture contemporaine respectueuse du terroir.